Un premier quota de 3 000 bus a quitté la Chine, direction, l’Algérie. Cette première opération s’inscrit dans le cadre du renouvellement du parc du transport public vieillissant et intervient au moment où le secteur des transports a connu des perturbations. Une situation qui relance le débat sur les dysfonctionnements structurels de l’activité du transport.
Le remplacement des bus vétustes va bientôt pouvoir débuter. Un premier quota de 3 000 bus a en effet quitté la Chine en direction de l’Algérie. L’annonce faite par le constructeur chinois Higer sonne, ainsi, le début prochain de l’opération de substitution de 10 000 bus qui devrait prendre fin en février prochain avec l’arrivée de l’ensemble du quota prévu. Les pouvoirs publics avaient en effet annoncé la décision d’importer de nouveaux bus au lendemain d’une énième tragédie routière, celle du bus qui avait fini sa course dans l’oued El Harrach. Dans une déclaration en marge de l’ouverture de la 4e édition de la Foire commerciale intra-africaine, le ministre de l’Intérieur et des Transports expliquait que sur les 10 000 bus importés, 4 680 seront destinés à remplacer ceux de plus de 30 ans et 5 320 autres seront affectés au remplacement partiel des bus ayant entre 20 et 30 ans. Son département a d’ores et déjà, dit-il, recensé les bus vieillissants concernés et les catégories couvrant le transport urbain, suburbain, inter-wilayas ainsi que le transport rural.
Cette opération d’importation, explique le même ministre, constitue un premier pas en attendant l’entrée en service des usines de bus réalisées en Algérie pour lancer la seconde phase du renouvellement du parc de transport public en s’appuyant sur les capacités nationales. Un rajeunissement qui a fini par être promu au rang des priorités au regard de l’état des bus, notamment ceux du transport urbain. Certains se sont transformés au fil des années en véritables épaves mais continuent de circuler et de transporter des usagers au mépris des règles de sécurité et d’hygiène les plus élémentaires. Le diagnostic fait par l’association El-Aman, qui travaille sur la problématique de la sécurité routière depuis de longues années, est sans appel. Elle estime en effet que le transport collectif en Algérie se caractérise par «une mauvaise couverture territoriale, une désorganisation structurelle, une insécurité persistante et une qualité de service insuffisante qu’il s’agisse de fréquence, de confort, de ponctualité, ou encore de fiabilité».
Une situation qui exige, estime la même association, de développer des réseaux de transport collectif performants à l’image des tramways, des métros ou encore des trains de banlieue, de réhabiliter et d’élargir les routes principales tout en créant des voies réservées aux bus mais également d’introduire progressivement des véhicules propres.
L’association El-Aman avait également appelé au renouvellement et à la modernisation des moyens de transport à travers le lancement d’un «programme national de renouvellement du parc de bus et de taxis avec incitations fiscales et crédits bonifiés, l’acquisition de véhicules propres, la mise en place d’un fonds spécial de soutien au transport collectif financé par l’État et par une taxe dédiée, à savoir le pollueur-payeur». Elle propose également d’encourager la production locale de bus et véhicules utilitaires pour stimuler l’industrie nationale, de retirer progressivement les véhicules vétustes et dangereux en imposant une durée de vie maximale et de moderniser le parc ferroviaire pour des trains plus rapides, confortables et fiables.
N. I. Le Soir d’Algérie
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