Dans le cadre d’une mission parlementaire hautement symbolique, une commission s’est rendue cette semaine dans plusieurs sites de production automobile du pays.
L’objectif étant d’évaluer les forces et les faiblesses du secteur, une priorité pour les autorités algériennes, qui voient dans l›industrie automobile un levier incontournable pour une diversification économique efficace.
Ces visites de terrain ne se sont pas contentées de dresser un simple état des lieux. Au-delà de cette formalité, elles permettent de révéler les tensions sous-jacentes de l’activité, les enjeux d’une relance ambitieuse, mais aussi, et surtout, les défis titanesques qui attendent ce secteur stratégique.
Le premier arrêt de la délégation parlementaire a eu lieu chez Emine Auto, une usine implantée dans la zone industrielle de Tamazoura, à Aïn Témouchent, spécialisée dans la production de véhicules utilitaires de la marque chinoise JAC.
A travers cette visite, les parlementaires ont pu prendre le pouls de l’industrie automobile locale, observer le processus de production de camions à simple cabine qui servira de base à plusieurs déclinaisons d’utilitaires, sans oublier le processus de fabrication de bus de 17 places, et ce, afin de sonder les conditions dans lesquelles cette usine, parmi les plus dynamiques du secteur, tente de s’imposer sur un marché en constante évolution.
Les lignes de production, bien que marquées par un assemblage relativement classique, témoignent d’une recherche constante de rationalisation et d’optimisation des coûts en parfaite adéquation avec le taux d’intégration locale fixé par le cahier des charges. Loin d’être un simple acteur secondaire, Emine Auto incarne une autonomie industrielle relative, un modèle qui, bien qu’encore loin des standards internationaux, donne une nouvelle impulsion au processus de «made in Algeria» après celui l’autre groupe Stellantis à travers son usine Fiat d’Oran. En dépit des nombreuses difficultés structurelles et des défis économiques rencontrés par Emin Auto, sa capacité à se maintenir sur le marché local constitue déjà un signal fort de résilience.
La deuxième étape de cette tournée a emmené les parlementaires à Tiaret, où l’ancienne usine Hyundai, aujourd’hui sous contrôle de l’entreprise nationale relevant de l’Armée populaire nationale, a été l’objet de toutes les attentions. Ce site est en passe de retrouver une nouvelle dynamique. L’objectif affiché est clair : relancer la production sur ce site et, à terme, ramener un acteur sérieux engagé dans le processus d’industrialisation automobile. Des informations provenant de sources bien informées révèlent que la marque Hyundai envisage de reprendre la gestion de ce site, en partenariat avec le groupe omanais Bahwane.
Ce retour soulève toutefois des interrogations concernant la reconversion d’un secteur ayant été largement affecté par des difficultés économiques, une gestion souvent opaque, ainsi qu’une dépendance croissante vis-à-vis des importations de véhicules finis. Dans cette optique, la commission parlementaire entend recentrer les priorités sur un secteur stratégique, créateur d’emplois et générateur de valeur ajoutée. L’objectif déclaré est de renforcer l’écosystème industriel automobile national, tout en contribuant à la diversification de l’économie et à la réduction des importations, dans une démarche visant à assurer une autonomie durable pour le pays.
Aziz El Watan
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