Le Mondial de l’Auto débute lundi à Paris, avec plus de 60 marques présentes dont un tiers de chinoises, dans un climat complexe entre une crise industrielle profonde et des records de ventes de voitures électriques.
Serge Gachot, le directeur du Mondial, promet « une belle fête de l’automobile ». Le salon, qui a lieu tous les deux ans dans la capitale, prévoit d’accueillir environ 500.000 visiteurs, comme en 2024.
Covid oblige, il avait été annulé en 2020, et « les constructeurs ont ensuite un peu délaissé les salons automobiles internationaux, dans un contexte compliqué pour l’industrie automobile », explique à l’AFP M. Gachot.
Mais pour cette 91e édition, du 12 au 18 octobre, « on a retrouvé un vrai engouement » : 24 marques étaient présentes en 2022, 48 en 2024, et elles seront plus d’une soixantaine cette année, dont 25 marques chinoises (elles étaient dix en 2024).
C’est « une très belle représentativité du marché avec des constructeurs européens, quelques américains et beaucoup d’asiatiques », estime M. Gachot. « Le monde bouge » et le salon « est une vitrine de ce qui se passe dans l’industrie automobile à l’instant T. »
Le secteur connaît de forte contradictions, avec une contraction du marché, qui n’a pas retrouvé le niveau de ventes de 2019, avant la crise sanitaire, ce qui pèse sur l’emploi.
L’industrie automobile française, qui a déjà perdu 50.000 emplois en cinq ans, pourrait supprimer 75.000 postes supplémentaires d’ici à 2035, a alerté Luc Chatel, président de la Plateforme automobile (PFA), coorganisatrice du Mondial, jeudi dans Le Parisien.
Il met en cause la concurrence chinoise – « aujourd’hui, c’est 10 % du marché, ce sera 20 % dans trois ou cinq ans » – et « l’obligation européenne d’atteindre 100 % de véhicules électriques neufs en 2035. »
– Nouvelle 2CV et véhicules autonomes –
Pour M. Gachot, « il y a aussi une émulation saine avec l’arrivée de nouveaux acteurs très innovants qui encouragent les autres à rester dans la compétition et à se battre. »
« Pendant très longtemps, le temps de développement d’une voiture, c’était quand même 3 ans et demi en moyenne. Là, les Chinois font ça en 2 ans, grand maximum », note le directeur du salon.
En conséquence, le temps de développement de la nouvelle Renault Twingo électrique a été réduit à 21 mois, donne-t-il en exemple.
L’innovation constituant selon lui « l’ADN » du salon, il y voit « une plateforme extraordinaire où les marques automobiles viennent partager toutes les nouveautés, produits, concepts, technologies, etc. »
Les visiteurs vont pouvoir tester près de 90 modèles de 20 marques, « parmi lesquels des citadines, berlines et SUV, électriques ou hybrides », détaille un communiqué du Mondial, avec plus de 5.000 créneaux d’essais proposés.
« On aura aussi des essais de conduite entièrement automatique, supervisée », notamment avec Tesla, les véhicules autonomes constituant l’un des autres enjeux du futur des transports.
Du côté des acteurs, Stellantis sera présent avec huit marques et va dévoiler la version électrique de sa mythique Citroën 2CV, dont la production s’était arrêtée en 1980.
Toutes les marques du groupe Volkswagen sont également attendues, ainsi que Renault, mais aussi Mercedes, Hyundai, Volvo ou Smart, absentes en 2024.
Emmanuel Macron visitera le salon lundi, lors de la journée réservée à la presse. Il doit se rendre sur les stands de Stellantis, Renault, Volkswagen et de l’équipementier français Valeo, avant de participer à une table ronde sur les véhicules autonomes.
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