Motrio Algérie, spécialiste international de l’après-vente automobile, poursuit son expansion sur le marché algérien.
Après avoir, dans un premier temps, concentré ses efforts sur la réponse à la demande locale en pièces d’usure, l’enseigne s’inscrit désormais dans une nouvelle dynamique : accompagner le développement de l’industrialisation et de la production nationale, qui s’impose progressivement comme une alternative crédible aux importations.
Dans ce contexte, Motrio Algérie, filiale du groupe Renault, occupe une place de premier plan. Outre ses missions initiales consistant à répondre, via un réseau de plus de 140 agents agréés, aux besoins des clients en matière d’entretien et de réparation multimarque, l’entreprise s’est engagée dans la promotion et la fabrication locale de pièces de rechange destinées à divers usages.
En marge de la 20e édition du Equip Auto Algeria 2026, le directeur général de Motrio, Guy-Olivier Ducamp, est revenu sur la situation actuelle de la marque en Algérie et ses perspectives de développement.
Il a notamment rappelé que les débuts de Motrio dans le pays ont été marqués par un positionnement sur des produits dits « simples » — filtration, huiles ou fluides — en adéquation avec le tissu industriel local et une demande en forte croissance.
Aujourd’hui, la montée en gamme du parc automobile impose de nouveaux défis. Les ateliers prennent en charge des véhicules plus récents, nécessitant des pièces plus techniques. « Très vite, on se retrouve face à un choix : rester sur des produits basiques ou évoluer vers des solutions techniques et sécuritaires», explique-t-il. Une évolution plus complexe, impliquant une étroite collaboration entre industriels et équipes de recherche & développement.
Pour relever ce défi, Motrio a opté pour une approche innovante, fondée sur la complémentarité entre capacités industrielles locales et expertise européenne en R&D. Dès septembre prochain, de nouveaux produits liés à la sécurité devraient ainsi être introduits sur le marché national. Une avancée majeure reposant sur un impératif central : la qualité. Chez Motrio, le développement d’une pièce peut s’étendre sur près d’une année, afin de garantir le respect strict des cahiers des charges techniques.
Évoquant les investissements engagés, M. Ducamp souligne le caractère singulier de l’expérience algérienne pour le groupe : « Ce que nous avons réalisé ici, nous ne l’avons fait nulle part ailleurs ». Au-delà des équipements, l’investissement est avant tout humain, avec des audits réguliers, un partage des exigences techniques et un accompagnement dédié assuré par le siège.
Cette stratégie s’appuie également sur la formation et l’équipement des partenaires. Les garages affiliés bénéficient non seulement de pièces, mais aussi d’outils de diagnostic, notamment des tablettes Texa, accompagnés de programmes de formation obligatoires. Face à l’évolution rapide du marché, marquée par l’arrivée de véhicules de marques chinoises, Motrio entend également adapter son offre, jusque-là principalement orientée vers les constructeurs européens.
La ligne directrice reste toutefois claire : se concentrer sur des véhicules ayant quelques années d’ancienneté, segment correspondant au cœur de métier du groupe. « Produire pour des véhicules neufs ne constitue pas notre priorité, contrairement aux modèles plus anciens pour lesquels nous disposons d’un véritable savoir-faire », précise-t-il.
Parmi les développements récents, l’arrivée du fournisseur italien LPR constitue une avancée notable. Spécialisée dans les systèmes de freinage et d’embrayage, cette entreprise, qui fournit déjà plusieurs constructeurs internationaux, s’implante en Algérie à travers un partenariat avec un industriel local.
Ce projet est le fruit d’une collaboration de longue date entre Motrio et LPR, facilitant la mise en relation entre un acteur industriel algérien et un expert européen en R&D. Une synergie qui permet d’allier production locale et haut niveau de qualité, tout en réduisant les délais et la dépendance aux importations.
À terme, cette stratégie ouvre également des perspectives à l’export, notamment vers les marchés africains. L’Algérie pourrait ainsi devenir une plateforme régionale pour Motrio, forte de ses capacités industrielles, de ses compétences techniques et de sa connaissance du réseau. Un premier partenariat a d’ailleurs été signé en vue de lancer les opérations d’exportation. Néanmoins, conclut M. Ducamp, « la priorité demeure la satisfaction du marché local ».
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